Raphaël JOUZEAU
Réalisateur
Raphaël a reçu une aide à l'écriture pour son prochain court métrage.
Quel est votre parcours artistique ?
J’ai d’abord fait une Prépa artistique (Prép’art), j’ai ensuite intégré l’école des Arts Décoratifs de Strasbourg (HEAR) en illustration où j’ai pu avoir accès à pleins de formes artistiques très différentes : dessin, gravure, sculpture sur bois, vidéo etc… Je me suis ensuite spécialisé en animation, pour préparer les concours aux grandes écoles, je suis retourné en prépa mais cette fois spécialisé en animation (à l’Atelier de Sèvres) et enfin j’ai intégré la première promotion de l’école supérieur d’animation que l’Atelier de Sèvres venait tout juste de créer (l’Atelier Supérieur d’Animation ASA).
A la sortie de l’école j’ai réalisé, au sein de la collection de films En sortant de l’école, un film de 3 minutes adapté d’un poème de Paul Verlaine, diffusé sur France télévision à l’occasion du printemps des poètes. J’ai fait du storyboard pour plusieurs projets en animation et prise de vue réelle, notamment sur la série d’Arte Boys Boys Boys de Valentine Vendroux. J’ai fait quelques petits films de commandes : clips, publicités etc… ainsi que de l’animation pour Hermès. En parallèle, je développais mon premier court métrage Les Belles cicatrices, mon second court métrage Sous la montagne et une partie de la direction artistique d’une série cartoon ado/adulte intitulée Terre 2. Aujourd’hui je prépare la fabrication de mon prochain court métrage Sous la montagne, ainsi que l’écriture d’un long métrage d’animation, avec Pierre le Gall, co-scénariste de Les Belles cicatrices.
Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
Je crois que l’animation à de beaux jours devant elle, bien que nous devions faire face à plusieurs gros enjeux comme l’IA, l’annulation de gros projets par les plateformes de streaming etc… Mais la jeune génération n’a jamais autant regardé d’animation. Le défi est plutôt d’arrêter de croire que l’animation se destine seulement à un public d’enfants mais peut tout à fait parler à des générations plus adultes. La série Samuel sur Arte d’Émilie Tronche en est le parfait exemple !
On ne pose jamais la question à un.e realisateurice de prise de vue réelle pourquoi il.elle ne fait pas de films pour les enfants, alors pourquoi la pose t’on toujours à ceux qui font du cinéma d’animation ? Les adultes regardent tout autant de dessins, peintures etc que les enfants (musée, BD, galerie, illustration etc…). Alors pourquoi quand on est adulte devrait on s’empêcher de regarder des films avec des dessins qui bougent ? Pourquoi quand on est enfant ne pourrait-on pas avoir le droit de voir plus de films en prises de vues réelles comme ceux des grands ?
Des films comme J’ai perdu mon corps, Mars express, Anomalisa ont bien montrés qu’on pouvait faire des films d’animation de qualité qui peuvent parler à un public mature. J’aimerai moi aussi participer à cela, à ma petite échelle, essayer de faire un film d’animation que les gens autour de moi, et moi-même, iraient voir au cinéma. Un film qui ferait écho à toutes les émotions, expériences, réflexions que nous pouvons traverser dans notre vie d’adulte.
Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
J’espère que j’aurai la chance de voir sortir mon projet de long métrage même si c’est un long marathon de faire cela en animation. C’est difficile à écrire, produire et fabriquer, mais il faut bien rêver un peu sinon on ne fait rien. Je prends les étapes les unes après les autres et on verra bien jusqu’où cela ira ! J’aimerai bien aussi avoir l’occasion de revenir un peu à l’illustration, à travers un projet de bande dessinée ou roman graphique, produire des affiches pour des évènements, des films…
Interview réalisée en 2025
Photographies réalisées en 2025 par Yama Ndiaye
