Nahil MEHNANA
Taekwondoïste
Nahil a reçu une bourse pour financer sa saison sportive.
Quel est votre parcours sportif ?
J'ai commencé le taekwondo à 5 ans. Ce n'était pas un choix calculé, c'était une évidence, comme si ce sport m'attendait. Depuis, il a structuré toute ma vie. Aujourd'hui, je suis Champion de France Elite en titre trois années consécutives (2024, 2025, 2026), cinq fois Champion de France U21, Champion de France Junior, et 3ème aux Championnats d'Europe 2025 U21. J'ai remporté de nombreux tournois internationaux en Espagne, Estonie, Turquie, Luxembourg, Lettonie, Belgique... Je suis également Capitaine de l'Équipe de France U21, et je me positionne aujourd'hui au 8ème rang mondial dans la catégorie +80kg et donc en tête de liste pour les Jeux Olympiques de 2028.
Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
Être athlète professionnel, c'est un privilège que je prends très au sérieux. Ce n'est pas un métier comme les autres, c'est un engagement total, physique, mental, quotidien. Ce que j'aime dans cette profession, c'est qu'elle ne ment pas. En effet, les résultats sont le reflet direct de ton investissement. Mais au-delà de la performance, je vois de plus en plus mon rôle comme celui d'un exemple. Quand tu es Capitaine de l'équipe de France et que les jeunes te regardent, tu portes quelque chose de plus grand que toi. Cette responsabilité, je l'embrasse pleinement.
Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
Dans 5 ans, je serai déjà médaillé lors des Jeux de Los Angeles 2028. C'est mon objectif principal, celui vers lequel tout converge. Je suis actuellement le premier Français de ma catégorie dans la course aux JO, et je compte bien monter sur ce podium. Ce serait l'accomplissement ultime de tout ce que j'ai construit depuis l'âge de 5 ans. Et si tout se passe comme prévu, 2032 sera dans la ligne de mire juste après.
Mais mon projet va au-delà du tatami. Je poursuis en parallèle des études à Sciences Po, et ce n'est pas un hasard. Dans 10 ans, j'aspire à construire quelque chose de singulier. J’aspire en effet à mêler sport et politique à l'international. Le sport m'a appris à comprendre le monde, à négocier, à représenter et Sciences Po me donne les outils pour agir à une autre échelle. Ces deux mondes ne sont pas opposés, ils se nourrissent l'un l'autre, et c'est exactement là où je veux évoluer.
Interview réalisée en 2026
Photographies réalisées en 2026 par Yama Ndiaye
