Merwane TAJOUITI
Comédien

Merwane a reçu une bourse afin de l'aider à suivre ses études au Théâtre National de Bretagne

Quel est votre parcours artistique ?
En 2017, j’ai joué́ dans Nos Désirs, le premier film de Raphaël Lefevre. À travers Nos désirs, en éprouvant le jeu et l’expérience cinématographie dans son ensemble, j’ai su que c’était ça que j’allais faire de ma vie.  La même année, pendant que je travaillais dans une boutique de prêt à porter à Marseille, j’ai passé l’audition du programme Ier Acte : programme de trois workshops, répartis sur un an, avec des artistes du monde de la scène. Il y avait, à la fin du programme une représentation publique à Paris. À Ier Acte, j’ai pris connaissance du programme de la nouvelle école du Théâtre National de Bretagne et de son concours, dirigé par Arthur Nauzyciel.  J’ai directement voulu rentrer dans cette école. J’ai donc passé et réussi le concours en 2018. Je suis maintenant en troisième année et je finis ma formation en 2021. Pendant ces 3 ans, j’ai travaillé avec des artistes tels que Phia Ménard, Gisèle Vienne, Damien Jalet, Laurent Poitrenaux, Arthur Nauzyciel, Patric Chiha, Pascal Rambert, Guillaume Vincent, Julie Duclos, Yves Noël Genod et bien d’autres, tous très importants dans ma construction.

Quel regard portez-vous sur votre profession ?
J’essaie justement de me libérer le plus possible d’un regard défini. J’essaie, quelle que soit l’expérience, de rester en état de découverte. Regarder une profession c’est trop limité pour moi : le métier ou la profession dans le sens où je suis payé. Si j’ai un regard, c’est justement celui qui cherche à se libérer de ses idées préconçues et à aller vers la surprise. J’essaie de regarder au delà̀ des étiquettes et des cadres que nos prédécesseurs ont collé́ un peu partout. J’ai le même regard pour un acteur, cuisinier, danseuse, boulangère, pêcheur, c’est pareil pour moi, tout dépend de l’être humain que j’ai en face de moi, sur le moment.

Comment vous voyez vous dans 5 ans ? 10 ans ?
Je ne me vois pas vraiment dans 5 ans ou 10 ans, en tout cas l’anticiper m’ennuie. J'espère être toujours vivant surtout, faire des films, jouer, danser, rencontrer, continuer à découvrir. Étant petit c’est le cinéma qui m’a permis de rêver et de croire en la possibilité́ d’un ailleurs. Jouer c’est vivre pleinement, du moins tenter de reconquérir cette liberté, c’est comme vivre perpétuellement dans cet ailleurs réalisé qui n’est rien d’autre que l’ici maintenant. C’est donc ce que j’espère continuer à faire et à partager surtout. Crier haut et fort, à mon tour, que c’est possible.

Interview réalisée en 2020
Photographie : Julia Grandperret