Janet NOVAS
Danseuse

Janet a reçu une bourse pour participer à la manifestation Camping organisée par le Centre national de la danse

Quel est votre parcours artistique ?
J'ai commencé à danser à l'âge de 4 ans dans les groupes folkloriques de mon village, et dès ce moment j'ai su que la danse allait prendre une place importante dans ma vie. À dix-huit ans, j'ai décidé de déménager à Madrid pour commencer mes études de danse contemporaine et me former comme danseuse dans différentes écoles, comme celle de Carmen Senra et le Conservatoire Professionnel de Danse. Un an plus tard, j'ai rejoint la compagnie Provisional Dance qui m'a donné l'occasion de voyager et d'entrer pleinement dans le monde professionnel. En 2008, j’ai quitté la compagnie Provisional Dance et à partir de ce moment, j’ai débuté ma carrière en tant que free-lance en collaborant comme interprète avec différents artistes et compagnies nationales et internationales. En même temps, j'ai commencé à développer mon propre travail, ce qui m'a ouvert une nouvelle voie sur la scène de la danse et m'a permis de continuer à explorer mes besoins et mes intérêts en tant qu'artiste.

Quel regard portez-vous sur votre profession aujourd'hui ?
Je crois que dans le pays où je vis, l'art n'est pas accepté comme une nécessité mais comme un divertissement. À partir de là, je suis dans une lutte constante pour faire reconnaître la danse comme un lieu de pensée nécessaire à cette société.

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
Honnêtement, je ne suis pas intéressée par l'image que j'aurai de moi-même dans cinq ou dix ans, je suis plus intéressée par l'image que la scène de la danse aura à ce moment-là. Mon souhait est que cette discipline artistique puisse, dans quelques années, faire partie du système éducatif de mon pays et ainsi construire une société plus sensible qui réponde aux besoins fondamentaux de l'être humain. Si nous ne connaissons pas notre corps et ses comportements, il sera difficile de comprendre le monde qui nous entoure.

Interview réalisée en 2018
Photographie : Céline Anaya Gautier